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  • : "L'Eternel D.ieu des Armées est mon Appui" Esaie 40:2
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  • Deborah
  • Une passion, l'amour de la musique qui exprime notre confession de foi? MAIS aussi donner le meilleur de nous-mm à tous ceux qui ont besoin d'amour, de le recevoir en le découvrant au travers de la louange au Grand D.ieu d'Israël et du monde entie
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L' ART DE LA PLUME



"On ne voit bien qu'avec le coeur,
l'essensiel est invisible aux yeux.."
St Exupéry

/ / /

Suite de la page 1




SOURIRE.jpg

ourire  fut ainsi le premier serviteur auquel elle songea.

 

Au royaume de la vie authentique, Sourire  avait pour mission de rappeler à chacun :

 

"Faites-vous mutuellement bon accueil"

"Comme dans l'eau le visage répond au visage, ainsi le coeur de l'homme répond au coeur de l'homme".

«Un cœur joyeux rend le visage aimable »

« Un regard lumineux réjouit le cœur »

 

 

Chacun, qu'il soit petit ou grand, se sentait toujours et partout bien reçu et bien accueilli.

On était littéralement  “bien venu(e)” et cet accueil s’extériorisait d’abord tout naturellement par un sourire sincère et chaleureux.

  Ce sourire venait tout droit du coeur et  exprimait la joie qu'on éprouvait à se trouver en présence d’autrui, simplement parce qu'il était aussi un être humain, comme soi-même, et qu'on était heureux de le rencontrer et d’avoir ainsi l’opportunité et la joie de le servir.

 

Ce sourire se voyait, s'entendait même,

mais surtout se ressentait !

 

Sourire était accompagné de ses amies Courtoisie, Amabilité,  Bienveillance, Gentillesse,  Bonne humeur   et  Politesse  qui exprimaient toujours des paroles agréables à entendre.

Sourire  était toujours prêt à servir celui ou celle qui ne pouvait pas ou plus sourire, justement parce que nul n'en avait plus besoin que lui ou elle.

 

Certes, au royaume du mépris distingué, Communication avait bien rencontré quelques sourires, mais beaucoup y étaient absents ou superficiels, ou encore forcés et hypocrites. Ainsi en était-il des affiches publicitaires qui étaient remplies de sourires, tous plus beaux les uns que les autres; à les regarder, on aurait parié que le bonheur remplissait les coeurs de tous les habitants! Mais la réalité était bien différente. Communication  en avait reçu  beaucoup de la part de vendeurs et autres personnes qui espéraient obtenir quelque chose d’elle en retour.  Le ministre de la communication lui-même ne cessait de lui sourire, la trouvant très jolie et ne manquant pas de le lui dire !

 

Mais quand elle avait parlé du véritable sourire, de celui qui s’offre gratuitement, sans calcul, on s'était souvent moqué d'elle, la traitant de naïve, de faible ou d'idéaliste, inconsciente de la réalité du monde des affaires. On lui avait dit que ce sourire là convenait à la rigueur pour des oeuvres charitables, pour encourager les pauvres et les opprimés, mais ne convenait certainement pas dans la jungle dure et sans pitié du "business" dans laquelle il fallait se battre pour s'en sortir et où l'homme était un loup pour l'homme. Le comble, c'est que dans ce monde de loups, ce même homme avait doté les appareils et machines automatiques qu'il avait créés, de voix humaines douces et agréables, souvent même bien plus  agréables que la plupart des voix réelles que Communication  avait pu entendre !

On aurait dit que la vie avait quitté les hommes de ce royaume pour animer les images sur les multiples écrans, et que ces hommes savaient mieux communiquer avec leurs machines que les uns avec les autres. Comment, dans un tel climat, Communication véritable aurait-elle pu rester longtemps en bonne santé ?

ECOUTE.jpgcoute, sa patiente amie, se présenta ensuite à son esprit.

Au royaume de la vie authentique, Ecoute  enseignait à chacun :

 

"Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende."

"Celui qui répond avant d'avoir écouté, fait un acte de folie"

"Même le stupide, quand il se tait, passe pour sage"

« Il n’entend pas ce qu’on lui dit, à force d’écouter ce qu’il va dire “

 

Chacun  se sentait réellement écouté et compris. Car, en écoutant, on pouvait entendre ; entendre non seulement ce que disaient les autres, mais aussi ce qu'ils exprimaient mal ou pas du tout, mais  surtout, on pouvait entendre ce qu'ils voulaient vraiment dire. Et en entendant, on pouvait mieux s'entendre, c'est à dire se comprendre !

Ecoute  rappelait que pour bien écouter, il fallait d'abord vouloir vraiment  "recevoir", la pensée d’autrui, c’est-à-dire accueillir cette pensée pour bien la comprendre et ainsi, bien LE comprendre lui-même. Cela exigeait de se rendre véritablement disponible et de lui accorder toute son attention, en considérant que ce qu'il avait à dire était très important pour lui, même si, à nos yeux, cela pouvait sembler insignifiant. Cela revenait en fait à lui témoigner une réelle considération.

Ecoute avait plusieurs soeurs, chacune aussi délicieuse qu'elle-même :

Attention,  Disponibilité,   Présence,  Patience,  Maîtrise  de  soi .

 

Au royaume du mépris distingué, Communication  avait rencontré une écoute souvent apparente et très superficielle, car les gens étaient pris dans une sorte de tourbillon nommé "toujours plus vite", qui les emportait et ne leur laissait plus ni le temps ni le goût d'écouter vraiment les autres. Beaucoup vivaient sous une pression constante appelée Stress, qui entraînait toutes sortes de désordres et de maladies parfois même très graves.

 

L'absence d'écoute réelle et authentique, constituait sans aucun doute l'une des causes principales de la solitude, du sentiment de rejet, de l'incompréhension, et des multiples malentendus entre les hommes de ce royaume. Dans les maisons, entre mari et femme, entre parents et enfants, et dans la vie professionnelle, entre collègues, entre fournisseurs et clients, Communication  avait maintes fois entendu le même refrain:  

 "Il (ou elle) ne m'écoute pas ! ".

 

Alors, les gens de ce royaume avaient recours à des "oreilles professionnelles" pour écouter ceux qui voulaient exprimer quelque chose. On les appelait des "Psy", mais hélas, ceux-ci étaient de plus en plus souvent débordés et ils avaient eux-mêmes tellement besoin qu'on les écoute !

RESPECT.jpg
espect, son ami si délicat, traversa alors la pensée de Communication .

 

Au royaume de la vie authentique, Respect exhortait chacun :

 

"Que chacun respecte les autres"

« Respectez les opinions différentes »

"Respectez votre parole : que votre oui soit oui"

"Ne jugez pas pour condamner »

 

Chacun  se sentait respecté en tant que personne humaine, c'est-à-dire  qu’on vous faisait sentir vraiment quelle valeur infiniment précieuse vous aviez aux yeux des autres. Cela signifiait qu'on respectait d'abord votre propre personnalité, vous reconnaissant le droit d'être différent de soi, c’est-à-dire le droit d'avoir une

apparence physique différente, un caractère et un tempérament différents, une forme d'intelligence différente, le droit d’éprouver des émotions et des  sentiments différents, de manifester une volonté différente, le droit d’avoir un passé et une histoire différents... en un mot, on vous reconnaissait comme un Etre unique mais de même valeur que les autres. Cela voulait dire qu'on respectait aussi vos opinions, vos points de vue différents concernant telle ou telle chose, personne ou idée. On vous reconnaissait le droit de penser autrement, sans vous juger ni se placer au-dessus de vous, mais sans pour autant faire d'entorse à ses propres convictions.

 

On respectait aussi votre temps, votre  vie, votre liberté.... mais on respectait également sa propre parole, même lorsque celle-ci pouvait porter préjudice à soi-même; Ce qui avait été dit avait été dit ! On respectait ses engagements, les délais et conditions annoncés dans les transactions, et tant d'autres choses encore...

 

Respect  était toujours accompagné de sa douce fiancée Tolérance  qui enseignait aux gens à ne jamais combattre les personnes elles-mêmes, si on ne partageait pas leurs idées, mais à plaider pour ses propres idées dans le respect des autres personnes.

 

Combien de fois, au royaume du mépris distingué, Communication  n'avait-elle pas été témoin d'attitudes et de comportements diamétralement opposés, fondés sur le mépris des autres ! Ces comportements étaient tellement habituels que la plupart des habitants ne s'en rendaient même pas compte. Ils faisaient partie de "l'air du temps" qu'ils respiraient chaque jour, un peu comme les fumeurs, qui, habitués à inhaler l'air plein de fumée, ne se rendaient pas compte de la gêne qu'ils pouvaient causer aux non-fumeurs !

Ainsi, en était-il par exemple des lettres restées sans réponse, des appels téléphoniques maintes fois renouvelés où la personne demandée ne prenait pas la peine de vous rappeler, des rendez-vous manqués pour lesquels on ne vous présentait pas d'excuses, des retards chroniques à ces rendez-vous considérés comme normaux, des paroles et promesses non tenues, sans parler de "violences" verbales, d'insultes, de grossièretés, d'abus de pouvoir et de tant d'autres formes de mépris des personnes. Les étrangers, les Etres plus faibles, les plus petits, ceux qu'on considérait comme "insignifiants" ou "sans intérêt", en faisaient particulièrement l'objet.

Pauvre Communication ! Elle réalisait avec consternation et douleur que ce monde n'avait vraiment rien de commun avec son royaume où elle avait vécu si heureuse. Cette évocation la bouleversait toujours plus...

VERITE.jpgérité
, sa vertueuse amie, vint à son tour à son esprit.

 

Au royaume de la vie authentique,  Vérité  rappelait à chacun :

 

"Que la vérité soit au fond du coeur"

"Que chacun de vous parle aux autres selon la vérité"

«Ayez l’hypocrisie en horreur ! »

 

Un des signes les plus frappants des habitants du royaume de la vie authentique, résidait dans leur pratique de la vérité en toutes choses.

 

Vérité ne cessait de montrer qu'il n'y avait pas de "petit" ou de "gros" mensonge, mais que toute hypocrisie, toute demi-vérité, toute dissimulation, toute déformation et même toute exagération de la vérité n'étaient en fait que mensonge. Chacun était appelé à être vrai et à parler vrai, sans se tromper soi-même ni tromper les autres. Elle encourageait les gens à reconnaître honnêtement et   franchement leurs torts, leurs fautes, leurs manquements, leurs erreurs, et à demander humblement pardon s'ils avaient offensé ou blessé quelqu'un, même s'ils pensaient avoir raison; elle les encourageait à avoir un coeur honnête et droit, et à ne pas chercher  à toujours se justifier par de faux raisonnements pour paraître "plus beaux" à leurs propres yeux et aux yeux des autres.

Elle incitait chacun à enlever ses masques, ses faux-semblants, à cesser de vouloir paraître à l’extérieur ce qu'on savait très bien ne pas être au fond de soi-même, à cesser de jouer "la comédie" pour rester transparent et sincère; à ne dire que ce que l'on pensait et à penser toujours ce que l'on disait.

Honnêteté,  Transparence,   Intégrité, Loyautéet leur ami, le précieux Tact,  se promenaient toujours avec Vérité .

 

On parlait beaucoup de vérité au royaume du mépris distingué, mais Communication l'avait très rarement rencontrée. Certains mensonges y étaient considérés comme justes et on allait même jusqu'à les qualifier de "pieux mensonges"! Il en résultait que les gens n’avaient pas ou peu confiance les uns dans les autres, car ils se soupçonnaient mutuellement  de ne pas se dire toute la vérité. Cela rendait évidemment leurs relations particulièrement difficiles, surtout dans leurs affaires. Certains pensaient même qu'on ne pouvait pas vraiment réussir en affaires et dans la vie, en pratiquant toujours la vérité ! La fraude avait même été parfois  érigée en vertu appelée "débrouillardise" ou “système D!” Ce royaume était rempli de petits malins et de tricheurs, experts dans l'art de la "magouille" en tout genre. Communication n'en fut pas étonnée lorsqu'elle apprit que le roi de ce royaume se déguisait lui-même  en “ ange de lumière.” Il était considéré comme le père et l'inventeur du mensonge. On le  surnommait "Le Malin" et beaucoup d'habitants le vénéraient.

Plus Communication  pensait à son cher royaume et plus elle le comparaît au royaume du mépris distingué, plus son coeur était déchiré, et plus une angoisse qu'elle n'avait jamais éprouvée l'étreignait. Elle se sentait mal, terriblement mal, et elle commença à être prise de nausées et de vomissements. Mais elle voulut continuer à se souvenir encore des trois derniers serviteurs et amis de son royaume...


INTERET.jpgntérêt pour autrui
, son cher ami, qui l'avait si souvent consolée, lui revint alors à la mémoire.

 

Au royaume de la vie authentique, Intérêt  répétait à chacun :

 

"Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres"

"L'amour ne cherche point son intérêt"

 

 

Chacun ressentait qu'on s'intéressait réellement à lui en tant que personne, digne d'être reconnue comme telle, sans condition aucune. Intérêt ne cessait d'apprendre aux habitants du royaume à regarder les autres, non au travers de leur rôle, de leur fonction ou de leur statut dans le royaume, mais avant tout comme des Etres humains, infiniment précieux à ce titre, et ce, quelle que soient leur place, leur rang ou leur occupation dans le royaume.

 

 

Les amies d' Intérêt :  Compassion et Bonté, l'accompagnaient presque toujours.

 

Au royaume du mépris distingué, Communication souffrait terriblement de constater que bien souvent, l'intérêt qu’on portait aux autres n'était en fait que de l'intérêt pour ce que les autres pouvaient vous offrir et vous apporter. Deux des ministres du gouvernement ne s'appelaient-ils pas égoïsme et égocentrisme ?

 

Cela était particulièrement vrai dans le monde des affaires où l'autre n'était vu la plupart du temps que seulement pour l'intérêt commercial ou financier qu'il pouvait représenter. Le slogan, non affiché ou avoué toutefois, était :"Votre argent m'intéresse" ou bien " vos capacités m'intéressent", et non pas "vous m'intéressez, vous personnellement, en premier lieu, parce que vous êtes VOUS et donc, comme tel, digne d'intérêt !"

Communication commençait à comprendre de plus en plus clairement le mécanisme qui en était la cause : les gens se comportaient en fonction de la vision ou perception qu'ils avaient d'eux-mêmes et des autres  . Mais cette perception venait elle même de leurs propres pensées inculquées depuis leur plus jeune âge par leurs familles, leurs écoles, leurs penseurs et philosophes et tout ce formidable arsenal de moyens de communication qu'ils appelaient média. Ces pensées étaient comme d’immenses forteresses mentales, bâties avec des pierres de toutes sortes appelées sciences, et derrière les murs desquelles les hommes étaient retenus prisonniers.

 

Communication  en avait froid dans le dos : "pauvres gens" se dit-elle, "qui prennent pour la vérité les mensonges de la fausse science !". Elle découvrit alors qu'elle ressentait une réelle compassion pour eux.

C’est ainsi qu’au royaume du mépris distingué, les gens ne communiquaient pas vraiment de personne à personne, de “cœur à cœur”, mais ils avaient établi un système de communications de "casquette à casquette" ou de "fonction à fonction", de "rôle à rôle", de "personnage à personnage". Ainsi, dans les maisons, la "casquette" époux communiquait avec la "casquette" épouse, mais les deux époux ne communiquaient parfois jamais en profondeur et un beau jour ils finissaient par divorcer. D'ailleurs pour éviter cela, ils se mariaient même de moins en moins!

 

La "casquette " parents communiquait avec la "casquette" enfants et on apprenait un jour que le "petit" qu'on n'avait pas vu grandir se droguait , avait fait une fugue  ou participé à des actes de violence et on ne comprenait pourquoi…

 

Dans les entreprises, la "casquette" patron communiquait avec la "casquette" employé ou ouvrier et réciproquement, et il y avait de multiples conflits, des groupes de pression, de l'absentéisme "sauvage" et toutes sortes de difficultés relationnelles et de revendications.

 

Dans les écoles, la "casquette" enseignant communiquait avec la "casquette" élève et on s'étonnait de voir l'autorité représentée par le "prof ", rejetée et celui-ci chahuté, insulté et même agressé !

 

Dans les hôpitaux même parfois, la "casquette" médecin ou infirmière communiquait avec la "casquette" malade et on traitait des "cas" plutôt que des personnes.

"O! ma chère Relation, pensa Communication, "je comprends   maintenant pourquoi tu m'es si précieuse et pourquoi ton absence m'est tellement insupportable!"

 

Elle comprenait à présent pourquoi la communication, coupée de la présence vitale de la relation vraie, avait en quelque sorte perdu son âme, devenant semblable à un désert aride sans eau, et pourquoi, au royaume du mépris distingué, les marchandises, les technologies et les intérêts financiers avaient pris la première place, avant les vies humaines.

 

C'est ainsi que les êtres humains étaient devenus peu à peu les esclaves des technologies pourtant inouïes et merveilleuses qu'ils avaient eux-mêmes conçues pour améliorer leur vie et les servir !

L'esclave était devenu le maître et le maître l'esclave !

 

"Quel terrible gâchis" se disait-elle , "et quelle qualité de vie prodigieuse pourraient connaître les hommes si ces moyens extraordinaires étaient vraiment mis au service de profondes et véritables relations !"

 

COMPASSION.jpgonsidération , sa tendre amie, se présenta d'elle-même à son esprit, lorsqu'elle pensa à Intérêt pour autrui.

Au royaume de la vie authentique, Considération  aimait à rappeler :

 

"Que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit et que celui qui gouverne soit comme celui qui sert".

"Que chacun considère les autres comme supérieurs à lui-même"

 

Considération  était l'épouse d'Intérêt pour autrui . On les rencontrait souvent ensemble, main dans la main, accompagnés parfois de leurs enfants Reconnaissance, Honneur  et  Encouragement.

 

Chacun, dans ce royaume, qu'il soit petit ou grand, ignorant ou très instruit, pauvre ou riche, qu'il soit roi ou simple serviteur, était conscient de sa grande valeur personnelle et de son importance. On s'efforçait constamment de se le faire mutuellement sentir par ses paroles et ses attitudes, cherchant toujours à élever autrui, à le valoriser, à l'honorer et à l'encourager. La valeur personnelle de chacun en tant qu’individu, était indépendante de ses résultats ou performances.

On se savait unique, donc précieux et utile à tous les autres. Cette très forte Identité, basée sur l’assurance de sa Valeur Personnelle, en tant que personne et créature divine, assurait une Sécurité et une Raison d’être véritables aux habitants du royaume de la vie authentique.

 

On y cultivait un arbre appelé « Humilitus constantus » ou humilité constante, qui produisait des fruits savoureux, dont chaque habitant se nourrissait quotidiennement. Considération et son mari aimaient chanter souvent ce petit refrain qu'ils avaient eux-mêmes composé :

 

"Si tu veux une bonne attitude, Alors baisse, baisse un peu ton altitude !"

 

 

Quel rude choc ce fut pour Communication, lorsqu'elle découvrit qu'au royaume du mépris distingué, les apparentes formules de politesse et de salutations cachaient souvent un réel et profond mépris des autres. Ainsi en était-il des pompeuses formules utilisées dans les lettres officielles, commerciales et administratives qu'elle avait pu lire : "Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de notre considération distinguée". En fait, le mépris s'habillait et se camouflait souvent derrière une considération de surface, bien polie, et parfois même ne se cachait plus, mais s'exprimait ouvertement de mille et une manières. Une grande dame très célèbre faisait ainsi beaucoup parler d'elle : La baronne Convivialité qui, sous des dehors très aimables, cachait en fait son indifférence envers tout un chacun.

En cherchant à mieux en saisir les raisons, Communication  avait découvert que la réponse résidait  dans le système de Valeurs de ce royaume.

 

Au royaume du mépris distingué, en effet, pour "être quelqu’un ", c’est-à-dire pour être reconnu, apprécié, considéré, respecté, il fallait nécessairement faire partie du club du « S.P.A »., c'est à dire du  Savoir, du Pouvoir et de l’Avoir. Au milieu de ses souffrances, Communication se souvint qu'elle avait beaucoup ri lorsqu'elle avait appris que c'était par ailleurs le sigle de la S.P.A, ou Société Protectrice des Animaux ! A certains moments en effet, elle avait bien eu le sentiment de visiter un zoo plutôt qu'une société humaine, tellement les gens se mordaient et se dévoraient mutuellement !

 

 

Ainsi l’Identité et la Valeur Personnelle de la plupart des habitants reposaient sur:

 

Leur Savoir : Leurs connaissances, leur instruction, leurs diplômes et titres, leur culture, leurs expériences. On considérait ainsi d'avantage les "grosses têtes" que les autres....

 

Leur Pouvoir : leur statut social, leur rang hiérarchique, mais aussi leurs forces et exploits physiques et intellectuels ainsi que leur beauté, leur charme, leurs dons et leurs talents. On considérait d'avantage les gens "bien placés" et influents, ceux qui "sortaient du lot", les gens "en vue", que les petits, les pauvres, les faibles, les "incapables", les "insignifiants" qui n'intéressaient personne ou presque.

 

Leur Avoir : leurs richesses, leurs comptes en banque, leurs revenus et propriétés. On considérait d'avantage les "nantis" que les pauvres

 

"Rien de surprenant ", se disait Communication," si, dans ces conditions, les habitants de ce royaume ont une si pauvre conscience de leur valeur réelle en tant que personne, et vivent par conséquent sans véritable sécurité ni raison d'être, mais sont si souvent en proie à la peur, à la crainte, à l'inquiétude,  et parfois même à l'anxiété et à l'angoisse".

 

Chacun, dans ce royaume, était en effet de plus en plus conscient que "tout passe, tout lasse et tout casse" car l'insécurité y grandissait chaque jour dans de multiples domaines. Quand des “vents violents” venaient ébranler leur “S.P.A.”, les habitants réalisaient alors que leurs fondations n’étaient que "du sable” et leur inquiétude augmentait. Pourtant, ils couraient toujours après le bonheur sans jamais vraiment le trouver de manière profonde et durable.

 

Combien de fois Communication n'avait-elle pas tenté de dire et même de crier aux habitants du royaume du mépris distingué qu'il leur fallait changer profondément leurs pensées, leurs attitudes et leur système de valeurs, pour que changent leurs comportements et qu'ils deviennent ainsi chacun une source de bien-être pour les autres. Mais ils n'avaient jamais le temps de l'écouter, car ils étaient occupés par une foule de choses tellement plus importantes et urgentes ! Elle décida d'écrire alors ce qu'elle voulait leur enseigner...

 

C'est alors que Communication fut saisie d'une forte fièvre et de violents maux de tête, et tandis qu'elle était seule dans sa chambre, elle sombra dans une demi-inconscience.


EMPATHIE.jpgmpathie
, enfin, sa touchante amie, lui revint alors à la mémoire.

Au royaume de la vie authentique, Empathie  rappelait sans cesse à chacun la règle d'or du royaume :

 

"Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous aussi de même pour eux"

"Mettez vous à la place des autres", disait et redisait chaque jour Empathie .

 

Chacun cultivait cette disposition intérieure de coeur qui consistait à toujours chercher à voir avec les yeux d'autrui et à entendre avec ses oreilles, c'est-à-dire à "quitter ses propres souliers" pour chausser ceux de l'autre. Elle expliquait que chacun avait grandi et évolué dans un certain cadre qui lui servait plus ou moins inconsciemment de référence, cadre personnel, familial, scolaire, professionnel, social, avec une certaine culture, certaines traditions, certains principes, et que, pour bien communiquer, il fallait nécessairement faire l'effort de "sortir" de son propre cadre pour "entrer" dans le cadre d'autrui et le comprendre. Cet effort coûtait bien sûr, comme tout effort, et supposait de faire a priori suffisamment Confiance à autrui pour s'ouvrir à lui.

Empathie et Ecoute marchaient souvent ensemble, dialoguant avec une  grande joie qu'elles faisaient partager aux habitants du royaume.

 

Mais au royaume du mépris distingué, Communication avait souvent constaté avec chagrin que chacun "campait" sur ses positions, n'en démordait pas, mais par contre demandait aux autres d'en changer. On y était maître dans l'art de la manipulation. Et c'est justement parce qu'on cherchait peu à se mettre vraiment à la place des autres, qu'on les écoutait si peu et si mal, et qu'il y avait tant de malentendus, de discordes, de querelles, et si peu de véritables dialogues.



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La fièvre dont souffrait Communication monta fortement et son état devint alarmant. Elle s'affaiblit d'heure en heure et dut rester alitée jour et nuit. Elle parvenait à peine à communiquer ! On lui envoya alors les plus éminents médecins du royaume qui se succédèrent à son chevet pour l'ausculter, parmi lesquels les très célèbres professeurs A.T. ( Analyse Transactionnelle), spécialiste en communication, et P.N.L. (Programmation NeuroLinguistique), également spécialiste en communication, qui y perdirent leur savoir et avouèrent, non sans mal, après quelques conseils infructueux, leur incompréhension du mal dont souffrait la princesse et donc leur incapacité pour la guérir. Tout au plus observa-t-on à leur contact une très légère amélioration qui, hélas, ne dura guère. Communication tomba alors dans un coma profond, juste après avoir balbutié avec ses dernières forces : " Relation, Relation , au secours ! »

 

Quelques heures plus tard, la tragique nouvelle se répandit alors au royaume du mépris distingué :

 " Communication  est morte !"

 

Ce titre fit la une des journaux qui ajoutèrent des commentaires tels que : "La princesse Communication , en voyage dans notre royaume, n'a pu résister au climat relationnel difficile et rude que nous connaissons et elle en est morte".

 

Nombreux furent les habitants du royaume du mépris distingué qui voulurent voir une dernière fois la dépouille mortelle de la princesse, car, bien que ne la connaissant que fort peu, ils avaient été touchés par sa beauté, sa douceur, sa gentillesse, son authenticité et sa pureté.

"Il faut rapatrier son corps au royaume de la vie authentique" proclama le roi, sans émotion particulière, mais feignant d'être très affligé.



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Suite page 3....


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