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"On ne voit bien qu'avec le coeur,
l'essensiel est invisible aux yeux.."
St Exupéry

25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 08:00
 

La Grande Histoire du sionisme 
2ème Partie de 1897 à 1917


Suite de la Grande Histoire du Sionisme, à l’occasion de Yom Haatsmaout 2012,

qui débutera Mercredi 25 Avril 2012, et se poursuivra Jeudi 26 Avril.
Hag Saméah
 
 
 
 
La fondation de l’Organisation sioniste mondiale
et la seconde aliyah – 1897-1918
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Nathan Birnbaum
 
 
Au milieu des années 1890, une idéologie sioniste existe déjà. Le terme « sionisme » lui-même a été créé par Nathan Birnbaum en 1886. Il s’impose progressivement dans les années 1890.
Ce proto-sionisme a son organisation, son objectif territorial, ses premiers militants. Mais son influence reste très marginale, et son organisation est très limitée.
Le changement va venir de Theodor Herzl (1860-1904).
En 1894, ce journaliste hongrois assiste à Paris à la dégradation du Capitaine Dreyfus, sous les cris de « Mort aux Juifs ».
Il indiquera a posteriori que cette situation avait été un choc pour lui, sans que son « Journal », « pourtant riche en introspection, et fourmillant de références historiques – [ne présente] un quelconque indice de la centralité de l’affaire Dreyfus dans le réveil de l’identité juive [de Herzl] ».
L’Autriche était un pays où l’antisémitisme était développé. Mais la France était censée être immunisée contre l’antisémitisme. C’était le pays qui, le premier au monde, avait donné une totale égalité civique aux Juifs, en 1791. C’était aussi le pays qui avait donné la nationalité française aux Juifs indigènes d’Algérie en 1871 (décret Crémieux). Elle représentait la modernité occidentale en marche vers plus d’égalité.

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Herzl avait tiré comme conclusion de sa déception qu’il était illusoire pour les Juifs de chercher leur salut dans l’assimilation, et qu’ils devaient posséder leur propre État, refuge pour tous les Juifs persécutés.
En 1895, il adhère à la thèse du sionisme et le 15 février 1896, il publie Der Judenstaat (L’État des juifs), un livre dans lequel il appelle à la création d’un État pour les Juifs. Espérant le soutien des grandes puissances, il le fait en tentant de se placer dans la continuité des idéologie coloniales de l’époque : « Pour l’Europe, nous formerons là-bas un élément du mur contre l’Asie ainsi que l’avant-poste de la civilisation contre la barbarie ».
Theodor Herzl n’est pas un grand théoricien. Son œuvre théorique est modeste. Il a par contre été un bon organisateur, fédérant et orientant un sentiment nationaliste plus ou moins diffus, qui peinait à s’organiser.
Les congrès sionistes - définition des objectifs et des moyens
Le premier congrès et la fondation de l’Organisation sioniste mondiale
En 1897, Herzl convoque à Bâle (en Suisse) le premier congrès sioniste mondial. Il aurait souhaité que toutes les communautés juives envoient des représentants. En fait, le congrès est un succès limité. Herzl est encore peu connu, et sa capacité d’attraction l’est donc aussi.
Fait révélateur des oppositions religieuses, « le premier congrès sioniste ne put être tenu à Munich à cause des protestations indignées du rabbinat allemand ».
Deux cent quatre délégués se présentent cependant, surtout en provenance d’Europe centrale et orientale, et le congrès de Bâle est généralement cité comme étant le véritable début du sionisme.

Le congrès va prendre plusieurs décisions :

- Le sionisme a pour but la création d’un foyer national juif. - L’organisation sioniste mondiale (OSM) est créée pour coordonner l’action politique sioniste au niveau mondial. Theodor Herzl en est nommé son premier président. - L’OSM agira au niveau diplomatique pour faire reconnaître les objectifs du sionisme par les grandes puissances. - Des congrès auront lieu régulièrement pour coordonner les actions.
Fait important, l’OSM n’est pas une organisation exclusive exigeant le monopole de la représentation politique du sionisme. Les partis politiques qui le souhaitent pourront se constituer et adhérer au mouvement sioniste mondial.

La structuration du Sionisme : institutions sionistes et travail politique
Le congrès de Bâle avait posé des principes et des projets. Restait à les mettre en œuvre. Pendant les années suivantes, Herzl et les premiers sionistes mènent une propagande importante au sein des communautés, surtout européennes.
Ils mènent aussi une action diplomatique intense auprès des grandes puissances de l’époque.
L’Organisation sioniste mondiale tente prioritairement de négocier avec le Sultan Ottoman, auquel appartient la Palestine, par le biais de l’empereur allemand Guillaume II, mais sans succès.

Le grand objectif de Herzl devient alors d’obtenir qu’une puissance coloniale accepte d’établir une colonie de peuplement juive en Palestine. À l’époque, cette idée de colonie de peuplement est un aspect parfaitement admis du discours et de la pratique coloniale (Afrique du Sud, Algérie, Nouvelle-Zélande, Canada, Australie…).
Dans le même temps, il ne faut pas provoquer de rupture entre les sionistes et l’empire ottoman, gestionnaire de la Palestine, qui pourrait se sentir menacé et interdire toute immigration. Aux Ottomans, Herzl fait donc valoir que les Juifs apporteront compétences techniques et capitaux, gages d’une modernisation du pays.
En 1898 et 1899, de nouveaux congrès sionistes ont lieu à Bâle, à chaque fois avec un peu plus de succès.
Lors du troisième congrès, en 1899, le lancement de la Banque coloniale juive est décidé. Elle est chargée du financement des activités d’achats de terres en Palestine.
En 1900, le quatrième congrès sioniste se tient à Londres.

En 1901, le cinquième congrès sioniste décide à Bâle la création :
- du Fonds national juif, chargé de l’achat des terres en Palestine. Cette politique est l’une des sources de l’hostilité arabe, car bon nombre de terres vendues sont des métairies dont les fermiers sont expulsés par les propriétaires fonciers (souvent des notables syriens).
- du Keren Kayemeth LeIsrael (K.K.L.), chargé de la gestion des terres achetées dans l’intérêt de l’ensemble des Juifs de Palestine. Le KKL est encore aujourd’hui la base du domaine foncier public israélien. Le modèle de propriété collective des terres achetées (qui ne signifie pas forcément une gestion collective) sera le modèle dominant d’appropriation de la terre par les Juifs en Palestine.
En 1902, Theodor Herzl publie un roman d’anticipation Terre ancienne, terre nouvelle, dans lequel il évoque la vie dans le futur État et décrit le sionisme comme « un poste avancé de la civilisation, un rempart de l’Europe contre l’Asie, s’opposant à la barbarie ».

L’option territorialiste – 1903-1905
Israel Zangwill, principal leader des territorialistes, en 1905.
Depuis les prémices du sioniste, la Palestine était au centre du projet d’un État juif. Mais l’hypothèse palestinienne avait une grosse faiblesse : la Palestine faisait partie de l’empire ottoman, et celui-ci n’avait aucun intérêt à « donner » la Palestine aux Juifs.
1903 est l’année des terribles pogroms de Kichinev. Ceux-ci seront suivis par une série d’autres pogroms jusqu’en 1906. L’émotion dans le monde occidental est grande, tant les pogroms ont été sanglants.
Cette émotion est une des raisons pour lesquelles le gouvernement britannique de Chamberlain propose en 1903 à Theodor Herzl de donner à l’OSM une partie de l’Ouganda de l’époque (dans l’actuel Kenya), pour y créer un "Foyer national juif".
Hostile à l’abandon de la Palestine, le sixième congrès sioniste de 1903 se divise fortement. Une commission est cependant envoyée sur place.
En 1905, le septième congrès sioniste se tient à Bâle. Il y est décidé de repousser définitivement la proposition de l’Ouganda, ainsi que toute alternative à la Palestine.
Les « territorialistes », qui voulaient absolument « un territoire », considèrent que refuser un État, où qu’il soit, est suicidaire compte tenu de l’attitude des Ottomans. Les plus décidés des territorialistes (une petite minorité) opèrent une scission. Ils créent l’ « Organisation juive territorialiste », menée par Israël Zangwill. L’organisation n’aura guère de succès et entrera dans un rapide déclin après la Déclaration Balfour de 1917, qui la rend inutile. Elle sera dissoute en 1925.

On peut voir dans la question du territorialisme les débuts d’un débat qui va agiter de façon récurrente le mouvement sioniste jusqu’au début du xxie siècle :
l’objectif premier du sionisme est-il de créer un État pour les Juifs (dont les frontières sont somme toute d’une importance relative), ou est-il de créer un État impérativement dans les frontières bibliques d’Eretz Israël ?

La période 1903-1905 n’a pas seulement tourné autour de la question territorialiste :
L’année 1903 voit aussi la création de l’Anglo-Palestine Bank (future Banque Leumi LeIsraël).
Theodor Herzl décède en 1904. David Wolffsohn (1856-1914), prend la direction du mouvement sioniste.
Toujours en 1904, le Comité de la langue hébraïque (Va’ad Halashon) est créé pour renforcer l’œuvre de Eliézer Ben Yehoudah et faire la promotion de l’hébreu (et non du yiddish ou de l’allemand, comme l’envisageaient certains) comme langue du foyer national juif.
Les derniers congrès avant la Première Guerre mondiale
En 1907, le huitième congrès sioniste se tient à La Haye. Il voit s’opposer deux tendances, qui existaient depuis plusieurs années, mais dont les débats se durcissent lors de ce congrès. Jusqu’alors, la majorité de l’OSM s’étaient montrée réticente (comme Herzl lui-même) face à la colonisation de la Palestine (« sionisme pratique »).
Elle estimait qu’il fallait une « charte », c’est-à-dire un statut juridique officiel (ottoman ou international) avant de commencer une implantation juive de masse. D’où la priorité donnée à l’action diplomatique et le nom donné à cette approche : « sionisme politique ».
Haïm Weizmann apparait avec la gauche comme un tenant d’une action plus décidée sur le terrain. L’opposition « pratique » obtient en 1907 un renforcement des actions en Palestine ottomane, mais l’orientation « politique » fondamentale de l’OSM n’est pas remise en cause.
En 1909, le neuvième congrès sioniste se tient à Hambourg. Sionistes « pratiques » et « politiques » continuent de s’y opposer. Les seconds restent dominants.
En 1911, le dixième congrès sioniste se tient à Bâle. Ce congrès est important, en ce qu’il modifie la politique de l’organisation. Les factions « pratiques » et « politiques » arrivent en effet à un accord, et décident d’œuvrer vers un sionisme « synthétique », agissant dans les deux directions. Concrètement, plus de moyens sont dégagés pour aider les pionniers de la seconde Aliyah.
En 1913, le onzième congrès sioniste se tient à Vienne.
 
La Première Guerre mondiale
En 1914 commence la Première Guerre mondiale. Elle aura un impact décisif sur le succès du sionisme.
Les Ottomans entrent en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche, et donc contre la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’empire tsariste.
Chacune des quatre puissances opposées à l’empire ottoman a des visées territoriales sur celui-ci, de façon plus ou moins officielle : - Les Italiens visent certaines îles de la mer Égée. - Les Russes visent le détroit des Dardanelles, le verrou de la mer Noire. - Les Français visent le Liban et la Syrie, où ils sont reconnus depuis le xixe siècle comme puissance protectrice des chrétiens. - Les Britanniques visent la Palestine, la mer Rouge et le golfe Persique. Il s’agit entre autres pour eux de sécuriser « la route des Indes », qui passe par le canal de Suez.
C’est dans ce cadre, que l’action sioniste en faveur de la création d’une colonie de peuplement en Palestine sous mandat d’une grande puissance intéresse le Royaume-Uni.
Dès 1915, le leader sioniste britannique, Haïm (ou Chaïm) Weizmann, entreprend de convaincre la direction britannique de l’intérêt pour elle de soutenir la cause sioniste, au départ sans grand succès.

En 1916, les accords secrets Sykes-Picot entre la France et le Royaume-Uni divisent l’empire ottoman en cas de victoire, et accordent au Royaume-Uni les zones qu’il convoite.
En 1917, Lord Balfour, représentant le gouvernement britannique, adresse à Lord Lionel Walter Rothschild une lettre, la « déclaration Balfour », par laquelle il indique que le Royaume-Uni est favorable à l’établissement d’un « Foyer national juif » en Palestine. Cette lettre n’est pas un engagement juridiquement contraignant, mais elle représente un formidable encouragement pour le sionisme. La lettre semble avoir eu deux objectifs : avancer dans la constitution d’une colonie de peuplement pro-britannique près du canal de Suez, et se rallier les Juifs américains, alors que le Royaume-Uni essayait à tout prix de convaincre les États-Unis d’entrer en guerre à ses côtés.
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La déclaration Balfour est par contre mal reçue dans le monde arabe. Selon l’expression d’Arthur Koestler, « une nation promettait solennellement à une seconde nation le pays d’une troisième ». Il est aussi à noter que les Britanniques avaient déjà promis à Hussein ibn Ali, chérif de La Mecque la création d’un grand royaume arabe unitaire sur le Moyen-Orient. Il s’agissait d’obtenir la contribution militaire des nationalistes arabes à l’affaiblissement de l’Empire ottoman. La « déclaration Balfour » était donc en contradiction avec cette première promesse.
Fin 1917, poursuivant les troupes ottomanes en retraite, les Britanniques prennent possession de la Palestine (prise de Jérusalem le 11 décembre 1917). Ils y resteront jusqu’en 1948.
La création des partis politiques
Après le premier congrès sioniste de Bâle, des partis politiques sionistes, ou au moins des courants de pensée, se sont rapidement organisés.

Les libéraux
Bien qu’on se trouve ici dans la partie consacrée aux partis politiques sionistes, les libéraux ne formeront un vrai parti qu’en 1922. Ils ont cependant existé bien avant et ont eu une influence déterminante sur la naissance du sionisme.
Le terme de « sionistes généraux » commence à être utilisé peu de temps après la création de l’OSM, pour désigner un courant de pensée qui reste très proche de l’Organisation sioniste mondiale qui vient de se créer, et qui refuse de se structurer dans un parti spécifique, contrairement aux courants de gauche de l’époque. Les « sionistes généraux » sont des indépendants, peu intéressés par les jeux des partis et les grands débats idéologiques. On voit cependant très tôt apparaître des associations ou « factions », à travers lesquelles ils s’expriment. Ils restent majoritaires dans l’OSM jusqu’aux années 1920. En 1922, divers groupes et factions établissent l’Organisation des sionistes généraux.
Quoique réticents devant les débats idéologiques, ils se réclament du libéralisme économique et politique. Ils attirent surtout la bourgeoisie et les classes moyennes de la diaspora juive, et plus tard du Yichouv (la communauté juive en Palestine).
Ils sont modérés, aussi bien en matière de nationalisme qu’en matière politique.
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1918. L’émir Fayçal I d’Irak et Chaim Weizmann, un des principaux dirigeant libéral (à gauche, portant aussi une tenue arabe en signe d’amitié).
 
 
Par bien des aspects (notamment son pragmatisme, son assise sociale bourgeoise, ses choix économiques et son insistance sur l’action diplomatique), le « sionisme général » est le courant de pensée le plus proche de Herzl. Haïm Weizmann, qui obtiendra la déclaration Balfour, était membre de ce courant de pensée.
Sur le front du sionisme pionnier, en Palestine, le « sionisme général » manque de militants. Ceux-ci sont dominés nettement pas les représentants des partis de la gauche sioniste. Mais dans les congrès sionistes, les libéraux seront dominants jusque vers 1930.
Compte tenu de son assise sociale plutôt bourgeoise, la capacité du « sionisme général » à collecter des fonds pour l’installation des Juifs en Palestine sera précieuse pour le mouvement sioniste.
La gauche marxiste
En 1905-1906, le Poale Zion (« l’ouvrier de Sion ») est fondé sur la base d’associations Poale Zion qui existaient depuis quelque temps en Europe orientale et aux É.-U..
Ce parti marxiste attire à lui les militants de la gauche nationaliste déçus par le rejet du sionisme par le Bund (« Union générale des travailleurs juifs »), parti marxiste d’Europe orientale, fondé en 1897.
 ber_borochov-d630e.jpg Le dirigeant du nouveau parti est un intellectuel né en Ukraine tsariste, Ber Dov Berochov (1881-1917). Celui-ci réalise la synthèse entre le marxisme et le nationalisme juif. Dans son optique, la seule oppression n’est pas l’oppression de classes, et le seul moteur de l’histoire n’est donc pas la lutte de classes. L’oppression nationale, et donc les luttes de libération nationale, peuvent être aussi de puissants moteurs de l’évolution historique.
Le Poale Zion critique deux aspects du sionisme de Herzl : - l’insistance de ce dernier sur l’action diplomatique. Sans rejeter celle-ci, le Poale Zion considère qu’il doit y avoir un sionisme des faits, centré sur la colonisation juive de la Palestine, sans attendre le soutien ou l’accord des grandes puissances. - l’acceptation par Herzl de l’ordre social établi. Le Poale Zion entend mener lutte de libération nationale et lutte d’émancipation sociale sur le même plan. Ce sont les travailleurs juifs qui créeront l’État juif, et non les diplomates ni les bourgeois.
En pratique, le Poale Zion est pleinement intégré à l’Organisation sioniste mondiale (OSM). Entre la lutte des classes et la lutte nationale, il fera au final toujours passer en premier la lutte nationale, recherchant pour cela l’alliance des autres factions sionistes, y compris les « bourgeois » des sionistes généraux. De fait, au-delà de son idéologie, le Poale Zion apparaît progressivement comme un parti réformiste, et une des deux principales origines de l’actuel parti travailliste israélien.
 ben_gourion-2-2dabf.jpg David Ben Gourion rejoint un groupe local de Poale Zion en 1904. En 1906, des branches du parti ont été formées dans plusieurs pays, dont l’Autriche et surtout la Palestine.
Dans les années suivant la fondation du parti, celui-ci connaîtra plusieurs scissions, essentiellement celle du Poale Zion Gauche, nouvelle faction basée sur les mêmes principes idéologiques, mais réclamant une pratique plus authentiquement révolutionnaire, moins réformiste.
Tant le Poale Zion que le Poale Zion Gauche participeront à la révolution de 1917. Bon nombre de membres du Poale Zion Gauche rallieront d’ailleurs le parti bolchévique après cette date. On en reverra certains en Palestine, comme agents de la IIIe internationale.
Le Poale Zion Gauche est également l’une des origines du futur grand parti de l’extrême-gauche sioniste, le Mapam, qui rejoindra plus tard l’actuel Meretz.
La gauche non marxiste
 220px-gordon_a_d2-02554.jpg Le parti Ha’poel Hatzaïr (« jeune travailleur ») est formé en 1905 par Aharon David Gordon. L’idéologie est largement inspirée du socialisme populiste russe et de l’œuvre de Tolstoï. L’objectif est de créer un socialisme agricole, très marqué par l’anti-autoritarisme, voire l’anarchisme. La lutte des classes est considérée comme dangereuse du point de vue de la construction d’un foyer national juif.
Les points communs sont cependant nombreux avec le Poale Zion : il s’agit de créer un État des travailleurs, dans une optique progressiste, sans se couper des tendances plus conservatrices du mouvement sioniste. L’attachement au sionisme pionnier, surtout intéressé par les réalisations concrètes, est également particulièrement développé.
Le Ha’poel Hatzaïr aura lui aussi sa dissidence de gauche, le Hachomer Hatzaïr, qui jouera également un rôle important dans le développement futur du Mapam. Il est à noter que les kibboutzim, communautés rurales collectivistes et influencées par l’anarchisme (pas ou peu d’élections, direction par l’assemblée générale) sont, à l’origine, un projet politique et social du Ha’poel Hatzaïr. Le premier pré-kibboutz sera fondé en 1909.
Le nationalisme religieux
Les rabbins orthodoxes étaient hostiles au sionisme, parce qu’ils considéraient majoritairement que Dieu avait décidé de la dispersion du peuple juif, en punition de ses péchés.
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Rabbin Zvi Hirsh Kalisher
Seul Dieu, par l’intermédiaire du Messie, pouvait donc restaurer Israël. Toute tentative anticipée était non seulement vouée à l’échec, mais risquait d’attirer la colère divine.
À cette hostilité théologique s’ajoutait aussi une hostilité au laïcisme parfois agressif (surtout à gauche) des sionistes.
Pourtant, dès les années 1840, un courant minoritaire est apparu chez les religieux ashkénazes d’Europe orientale. Pour ce courant, c’est au contraire un commandement divin pour les Juifs que de s’installer en terre sainte. Le suivi de ce commandement pourrait même accélérer le retour du Messie.
En 1891, une association sioniste religieuse, le Mizrahi (oriental), est formée sur la base de ces idées. Elle donnera naissance en 1902 à un véritable parti politique portant le même nom. Ce parti est plus connu en français sous le nom de Parti national religieux, ou PNR (MAFDAL, selon son acronyme hébreu).
Le PNR est à l’origine un parti assez modéré, à la rencontre de la modernité et de la tradition. Il est clairement très minoritaire dans un mouvement sioniste qui est lui-même assez minoritaire dans le monde juif occidental, et plus encore dans le monde juif oriental.

Les non-sionistes
Lors de cette époque formative du sionisme, d’autres partis politiques attirent des militants Juifs, parfois dans le cadre de mouvements spécifiquement juifs. Ces mouvements auront des débats, des conflits et parfois même des accords partiels avec les sionistes.
Agoudat Israel : c’est un parti politique juif fondé en 1912 à Katowice (Pologne actuelle, à l’époque Empire russe) comme bras politique du judaïsme orthodoxe. Il existe aujourd’hui en tant que parti politique en Israël. Il était à l’origine très vigoureusement anti-sioniste. (Ce qui démontre de la courte vue de ses dirigeants)
Le Bund : fondé en 1897, il défend les travailleurs juifs et vise à une autonomie culturelle et politique, mais non-territoriale, des Juifs en Europe orientale, dans le cadre d’une future société socialiste. Il pratique une forme de nationalisme atténué, mais n’est pas sioniste, car il considère que les Juifs ont droit à un avenir au sein de leur pays d’origine.
On trouve enfin des militants juifs dans de nombreux partis en Europe, surtout à gauche.

Les partis politiques sionistes : synthèse
On trouve trois grandes familles :
- un sionisme de gauche, marxiste ou non-marxiste, qui sera dominant en Palestine puis en Israël du début du siècle jusqu’en 1977, et qui a profondément marqué l’histoire du sionisme et d’Israël.
- Un sionisme de droite modéré, libéral, à l’époque assez peu influent en terre sainte, mais plus important dans la diaspora, et dominant dans l’Organisation sioniste mondiale.
- Un sionisme religieux, à l’époque peu influent et assez modéré.
Ces partis sont, à l’époque, encore minoritaires au sein du judaïsme occidental, mais ils influencent grâce à leurs militants un nombre croissant de Juifs. Ce sont (surtout à gauche) les acteurs fondamentaux du sionisme sur le terrain (en Palestine et en diaspora), plus que l’Organisation sioniste mondiale qui se concentre progressivement sur l’action diplomatique et institutionnelle.
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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:22

 

 

 


La Grande Histoire du sionisme - 1ère Partie
Les pères du Sionisme.



Le sionisme est le mouvement politique, apparue au xixe siècle, et qui entend permettre aux Juifs d’avoir un État.

Nous intéressent essentiellement trois problématiques au cœur de l’histoire du sionisme :

 

- Les débats et pratiques autour de la construction d’institutions nationales ou prénationales : Organisation sioniste mondiale, partis politiques, Agence juive, groupes armés, puis l’État lui-même.

 

- Les débats et pratiques autour de la constitution d’une population juive importante au sein de l’État.

 

- Les débats idéologiques entre tendances sionistes, en particulier sur la définition des objectifs. Dans ce domaine, deux questions ont particulièrement divisé (et continuent de diviser) les sionistes :

 

- La place de la religion juive dans le sionisme.

- La question de la localisation de l’État juif, puis de ses frontières.

 

Les faits historiques qui sont cités dans l’article ci-dessous sont donc très incomplets. Ce sont surtout les faits liés à ces trois questions (constructions institutionnelles, construction démographique et divergences sur les objectifs du sionisme) qui sont analysés. Les événements moins directement liés à ces trois questions (par exemple les guerres de 1956, 1973, et du Liban) ne sont pas abordés, ou juste cités. Il en va de même de l’opposition arabe et palestinienne au projet sioniste. Le sujet est vaste et fondamental, mais il n’est abordé dans le cadre de cet article qu’au travers de son influence sur les trois thématiques précitées.

 

Terminologie

 

La terminologie utilisée n’est pas politiquement neutre :

Eretz israël (la « terre d’Israël », au sens biblique), a fini par devenir synonyme politique de Grand Israël (incluant la Cisjordanie, la Transjordanie et la Bande de Gaza).

 

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La Palestine a été le terme utilisé par tous, même les sionistes, jusqu’en 1948 (par exemple, le journal israélien Jerusalem Post s’appelait Palestine Post jusqu’à l’indépendance d’Israël). Pour la période postérieure à 1948, il a une connotation « pro-palestinienne ».

 

Dans l’article ci-dessous, le terme « Palestine » sera utilisé pour désigner le territoire entre la seconde révolte juive (vaincue en 135) et la proclamation d’Israël (en 1948), sans connotation idéologique.

Pour la partie de cet article postérieure à la création d’Israël, on parlera généralement d’« Israël », de la « Cisjordanie » et de la « bande de Gaza », termes les plus utilisés en français. Les termes de « Eretz Israël » et de « Judée-Samarie » seront utilisés en référence aux idéologies qui les utilisent.

 

Avant le sionisme

L’apparition d’une revendication politique à la création d’un État juif à partir de la seconde partie du xixe siècle s’explique par l’existence de soubassements plus anciens.

 

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Les provinces du royaume d’Hérode Ier le Grand, sous protectorat romain, vers -25.

La destruction du royaume juif dans l’antiquité

 

Le dernier État juif indépendant, le royaume hasmonéen de Judée, est devenu un protectorat romain en 63 avant l’ère chrétienne. Ce protectorat est devenu une simple province romaine après la mort du dernier roi du royaume, Hérode Ier le Grand, en 4 avant l’ère chrétienne.

 

Les soulèvements juifs de 67-73 et de 132-135 ont profondément changé la population de la Palestine : une partie a été tuée, une partie a fui les destructions de la guerre, une partie a été vendue comme esclave et une dernière partie a pu rester dans une Palestine appauvrie et ayant perdu son indépendance.

 

Il est difficile de savoir ce que représentaient ces quatre groupes, mais le nombre des survivants restés en Palestine semble avoir été assez important, encore qu’en nette régression.

Par la suite, il y eut des conversions nombreuses au christianisme (en particulier sous l’empire byzantin peu tolérant), puis à l’islam à partir de la conquête musulmane vers 640.

 

À compter de la fin de l’Antiquité, les Juifs vivant en Terre Sainte sont donc devenus très minoritaires par rapport à la diaspora juive (dispersion, en grec).

En effet, beaucoup de communautés juives ont continué à exister à travers le monde, mais peu en Terre Sainte, donnant le sentiment d’un peuple dispersé. Le terme hébraïque est Galout (exil). C’est ce sentiment d’exil qui engendrera l’espérance religieuse d’un « retour » ou aliyah en hébreu.

 

L’espérance religieuse

 

À compter de la seconde diaspora, les communautés religieuses vont maintenir le rêve d’un retour en Palestine pour recréer un État juif. Il ne s’agit pas vraiment d’un projet politique, mais plutôt d’un rêve messianique et religieux. Il est symbolisé par la célèbre formule « l’an prochain à Jérusalem » prononcée chaque année lors du seder de Pessah. Il y aura d’ailleurs plusieurs messies proclamés, comme Sabbataï Tsevi ou Jacob Franck.

 

Avec le temps, la majorité des rabbins orthodoxes ont développé une interprétation s’opposant en pratique à la recréation d’un État juif : Dieu a puni les Juifs en détruisant l’État, seul son Messie peut le recréer2. Toute tentative humaine en la matière est une révolte contre Dieu. Cette vision sera très progressivement remise en cause à partir du XXe siècle, mais avec de fortes réticences.

 

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Le « Messie » Sabbataï Tsevi, qui promettait le retour des Juifs en terre d’Israël - 1666.

 

 

Le nationalisme

Avec le xviiie siècle, l’esprit des Lumières donne naissance aux concepts de peuple et de nation, définis par leur identité - par opposition à la notion de royaume, défini par son souverain et ses frontières (et souvent par sa religion).

Les Français les premiers, que leur Révolution de 1789 oppose à toutes les monarchies d’Europe, se battent en tant que Français et non en tant que sujets du roi de France. C’est la naissance du nationalisme moderne.

 

Celui-ci se répand dans toute l’Europe au cours du xixe siècle. Il attire particulièrement les populations occupées par un autre état, ou divisées en plusieurs états.

C’est ainsi que l’idée nationale se répand dans les populations divisées entre plusieurs états, en Allemagne et en Italie, ainsi que dans les populations occupées de la Pologne, de l’Irlande ou de la Hongrie.

 

Inévitablement, l’idée nationaliste finit par toucher une autre population européenne privée d’état, et même de territoire : les Juifs.

 

L’idée d’un peuple juif est ancienne et remonte à la Bible. Sous l’influence du nationalisme, elle est redéfinie dans un sens moins religieux, et plus centrée sur une identité historique, ethnique et culturelle.

Au cours du xixe siècle, la lecture messianique qui préconisait la libération politique d’Israël par un roi-messie recule à mesure que les populations juives se laïcisent. Cette lecture messianique réactivée par Don Isaac Abarbanel suite à l’expulsion des Juifs d’Espagne cède ainsi du terrain – tout en s’y adaptant - face à des idéologies "modernes" : socialisme, libéralisme, rationalisme et nationalisme.

 

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Une des premières manifestations nationalistes est la rédaction du livre « Rome et Jérusalem - La Dernière Question Nationale », par Moses Hess en 1862 : impressionné par le succès de l’unité italienne4, l’auteur, par ailleurs proche de Karl Marx, y appelle à la création d’un État juif.

En 1869, l’Alliance israélite universelle crée l’école agricole de Mikvé-Israël près de Jaffa, à l’instigation de Charles Netter, un de ses fondateurs. De cette école vont sortir des générations d’agriculteurs juifs. Il y aura quelques autres initiatives dans les années 1870, montrant un intérêt en développement pour la terre de la sainteté.

 

L’antisémitisme

Une attitude hostile aux Juifs n’est pas nouvelle. Pour les chrétiens, les Juifs avaient fait crucifier Jésus, et surtout refusé la nouvelle religion.

 

En 1873, une nouvelle terminologie apparaît : l’antisémitisme. Le mot est dû à un journaliste de Hambourg, Wilhelm Marr. L’antisémitisme se veut une idéologie nationaliste et laïque « moderne », rejetant les Juifs non plus pour des raisons religieuses, mais parce qu’ils seraient un peuple sémite moyen-oriental inassimilable en Occident.

Au-delà de cette innovation, les préjugés traditionnels chrétiens contre les Juifs sont largement repris.

L’antisémitisme et l’hostilité aux Juifs se répandent largement autour des grandes concentrations juives d’Europe orientale.

 

Selon la thèse de Léo Pinsker, ce serait l’intégration progressive des Juifs dans la vie moderne qui aurait provoqué cette réaction : les Juifs n’étaient pas aimés mais ne gênaient guère quand ils vivaient à part. À compter de leur pénétration progressive dans le monde moderne, ils deviennent des concurrents directs et beaucoup plus visibles.

 

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Léo Pinsker

En 1881, des pogroms sanglants se produisent dans l’empire tsariste contre les Juifs. Beaucoup d’entre eux en concluent qu’il n’y a pas d’avenir pour les Juifs en Europe orientale. C’est le début d’un grand mouvement d’émigration qui mènera 4 millions de Juifs d’Europe orientale à quitter cette région entre 1880 et 1931.

La plus grande masse ira en Amérique du Nord4, mais d’autres iront en Europe occidentale, en Amérique du Sud, et même en Palestine. Il ne faudrait pas cependant passer sous silence l’impact que connut la question juive en Roumanie et notamment les tractations lors du Congrès de Berlin, dans les années 1870, en vue d’obtenir des conditions favorables pour une émigration juive massive en Roumanie, avec les réactions de la population locale. Selon Jacques Halbronn (Communication au Congrès Mondial des Etudes Juives, Université Hebraïque de Jérusalem, 2009), il faut y voir une préfiguration de ce qui se passera à partir de 1917 et du fait de la Société des Nations en ce qui concerne l’établissement d’un Foyer Juif en Palestine. Dans les deux cas, Roumanie et Palestine, il s’agit de territoires venant de se dégager du pouvoir ottoman.

 

Les origines du sionisme : synthèse

 

Le sionisme naît vers 1880 à la rencontre de quatre conditions :

 

- La définition traditionnelle du peuple juif portée par la Bible et les rabbins. À côté d’un volet religieux fondamental, cette définition traditionnelle a toujours insisté sur le fait que les Juifs étaient aussi un peuple spécifique, les « enfants d’Israël », disposant en droit d’un « pays dont l’Éternel, ton Dieu, te donne la possession ».

 

- La laïcisation d’une partie des Juifs. Les rabbins et les « orthodoxes refus[ant] avec horreur une doctrine qui prétend se substituer au rédempteur » et s’opposant à la création d’un nouvel État juif avant la venue du messie, l’émancipation d’une partie de la communauté de l’autorité de ses rabbins était fondamentale.

 

- Le développement du nationalisme en Europe. Celui-ci a donné le cadre de la révision du projet juif. Il ne s’agit plus dans cette optique de maintenir l’ancienne religion, mais surtout d’obtenir un État, but fondamental de tout nationalisme.

- L’antisémitisme. C’est son développement à partir des années 1870 qui donne le moteur transformant une réflexion intellectuelle en un projet de départ hors d’Europe, et de constitution d’un État spécifique où les Juifs pourraient vivre ensemble et se protéger.

 

Les prémices du sionisme – 1880-1897

 

Cette période va de la parution de « Auto-émancipation » à la réunion du premier congrès sioniste mondial.

 

Les amants de Sion et la première alya

Après les sanglants pogroms de 1881, un médecin d’Odessa, Léon Pinsker, publie à Berlin en septembre 1882 Auto-émancipation, le premier vrai manifeste sioniste (le terme n’existe pas encore). Il y prédit que la « judéophobie » (c’est son terme) ira croissant au fur et à mesure de la modernisation des sociétés européennes, et au fur et à mesure que les Juifs sortant du ghetto se trouveront en concurrence avec leurs voisins. Il en conclut que les Juifs doivent quitter l’Europe et créer leur propre État. Il est à noter qu’il ne le revendique alors pas forcément en terre sainte.

 

En parallèle, des organisations commencent à apparaître. Des jeunes gens et des étudiants fondent en janvier 1882 le groupe « Bilou » (Beith Israël Lekhou Vena’ale) sous l’impulsion d’Israel Belkind. On parlera souvent des pionniers de la première alya comme étant les Bilouïm.

Très rapidement, Léon Pinsker prend la direction de la Ahavat zion, ou Ahavat sion. Il s’agit d’un réseau, d’ailleurs peu structuré, de sociétés qui regroupent

 

« tout fils d’Israël qui admet qu’il n’y a pas de salut pour Israël tant qu’un gouvernement juif ne sera pas installé en terre d’Israël ».

 

Le premier groupe a été créé en 1881 par des étudiants de Saint-Pétersbourg, avant la parution du livre de Pinsker. Il y aura rapidement une centaine de sociétés, surtout dans l’empire russe, mais aussi en Roumanie. Les membres sont appelés « Amants de Sion » (Hovevei Sion ou Hovevei Tzion).

 

Leur but est d’organiser l’émigration de Juifs vers la Palestine (alors partie intégrante de l’empire ottoman).

L’émigration des « Amants de Sion » et celle des Bilouïm se déroule surtout dans les années 1880, dans le traumatisme suivant les pogroms de 1881. On l’appelle la « première aliyah » (mot signifiant « montée » en hébreu, au sens de « montée vers Eretz Israël »). Elle ne touche qu’environ 10 000 personnes. Elle fait face à une administration ottomane assez hostile, qui la freine.

Ses militants, peu organisés, forment la base de ce qu’on appellera le « Nouveau Yichouv » (Yichouv signifie « communauté juive en Eretz Israël »).

 

Ils rencontrent en Palestine les membres de « l’ancien Yichouv », soit environ 25 000 Juifs très religieux, plutôt séfarades (avec une minorité ashkénaze). Ces Juifs pieux sont essentiellement concentrés dans les quatre villes saintes de Jérusalem, Tibériade, Safed et Hébron.

 

Séfarades contre Ashkénazes, traditionalistes contre modernes, population dirigée par ses anciens contre jeunes militants, religieux contre laïcs, orientaux contre européens, sionistes contre anti-sionistes (rappelons que les rabbins considéraient que seul le Messie pouvait recréer l’État juif) : les relations seront assez souvent tendues, voire hostiles.

 

Cette première vague d’immigrants est historiquement importante, malgré son influence démographique limitée :

Elle crée des villages sur la côte de Palestine (Rishon LeZion en 1882, Rosh Pina, Petah Tikva, Zihron Yaakov, Gedera…), qui deviendront pour beaucoup des villes, et qui expliquent encore aujourd’hui une partie de la géographie urbaine d’Israël.

 

Elle rend crédible l’idée de l’émigration vers Eretz Israël.

 

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Eliézer Ben Yehoudah à sa table de travail.

À travers l’un de ses membres, Eliezer Ben-Yehuda, elle crée l’hébreu moderne.

 

 

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Le baron Edmond de Rothschild, philanthrope juif qui financera une part de la première immigration sioniste en Palestine, à partir de 1883.

 

 

Les colonies juives agricoles de la première Aliyah seront fortement aidées, à compter de 1883, par les financements du baron Edmond de Rothschild, qui apparaît ainsi comme l’un des hommes clefs de ce premier sionisme. Après 1899, la Jewish Colonization Association, fondée par le baron Maurice de Hirsch en 1891, prendra le relais financier, et participera aussi à l’achat de terre en Palestine et à l’aide aux colonies agricoles.

 

Eliézer Ben Yehoudah et l’hébreu moderne

L’hébreu n’était plus utilisé comme langue parlée par les Juifs depuis bien avant la chute du dernier royaume juif. Les Juifs de Judée avaient adopté l’araméen comme langue vernaculaire bien avant la naissance de Jésus-Christ. L’hébreu était devenu une langue purement religieuse.

 

À compter du début du xixe siècle, on voit réapparaître en Europe une littérature laïque en hébreu. Elle est gênée par un vocabulaire religieux et étranger au monde moderne. Une certaine modernisation commence donc à poindre, menée par des intellectuels juifs laïques, les maskilim.

 

Eliézer Ben Yehoudah va systématiser cette entreprise de modernisation. Il considère que l’hébreu doit devenir la langue parlée par les Juifs en Palestine. À ce titre, il entend en faire une langue moderne.

Il reprend la prononciation des Juifs séfarades, qu’il considère plus conforme à l’originale, et crée des centaines de mots nouveaux, adaptés aux besoins d’une société moderne et scientifique. C’est la base de l’hébreu actuellement parlé en Israël. Il est à noter que les religieux juifs traditionnels se sont fortement opposés à cette entreprise : pour eux, l’hébreu devait rester la langue de la Bible.

 

Les prémices du sionisme : synthèse

Les constructions institutionnelles restent faibles, voire marginales. Le développement d’une « langue nationale » modernisée est cependant un évènement fondamental.

Au plan démographique, le « nouveau Yishouv » sioniste reste numériquement inférieur en nombre à l’« ancien Yichouv » religieux. Mais un ensemble de villages commence à apparaître, autour desquels se structurera le paysage humain du xxe siècle.

 

Quant aux débats idéologiques, ils sont presque absents de la période. Mais au-delà de ses limites, cette période formatrice a créé une dynamique qui s’amplifiera au cours des décennies à venir.

 

Wikipédia - Jforum.fr
Source : .http://www.jforum.fr/forum/israel/article/la-grande-histoire-du-sionisme?utm_source=activetrail&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter%20du%2024-04-2012




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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 08:00

 

 

 

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 Dessin de Pat Marvenko "Les trompettes des 7 sceaux"

 

 

"Surprenant qui interpelle... Je viens de le recevoir... Le pasteur Jean Marc Thobois, spécialiste d'Israël est mon beau frère... et digne de confiance.

Dieu vous bénisse"

 

Edouard Kowalski

 

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 Dessin de Pat Marvenko
le sceau de Dieu sur les fronts

 
 
"Je suis allée à Maromme avec M. Réunion passionnante animée par Mr Thobois.

 

Il nous a donné un témoignage récent, étonnant et stimulant. le voici :

 

Un pasteur a raconté à Mr Thobois un évènement qui s'est produit dans la vie d'une amie de ses amies.

 

Cette chrétienne partait travailler. Elle sort de sa maison, prend sa voiture et aperçoit sur le trottoir, venant vers elle, un homme d'aspect affable, sympathique qui fait du stop.

 

Elle qui ne prend jamais personne le laisse monter dans sa voiture... Rien à signaler.

 

 

Quelques instants après, cet homme se tourne vers elle et lui dit :

 

" Les trompettes sont déjà à la bouche ".

 

La chrétienne lui dit : " Pardon, qu'avez-vous dit ? "

 

il répond avec calme et assurance :

 

 " Les trompettes sont déjà à la bouche ! "

 

La chrétienne répond : "Je ne comprends pas ".

 

Pour la troisième fois, l'homme répète sérieusement :

 

" Les trompettes sont déjà à la bouche ".

 

La chrétienne se tourne vers lui mais l'homme avait disparu.

 

Elle arrête sa voiture et bouleversée, elle met sa tête sur le volant. Deux policiers s'approchent et lui demandent si tout va bien. Elle répond par l'affirmative.

 

Comme ils insistent, elle affirme qu'ils ne vont pas la croire mais se décide tout de même à leur narrer son expérience.

Comble de stupéfaction, elle les voit pâlir et apprend qu'elle est la sixième personne à avoir fait la même expérience.


Très bientôt les trompettes sonneront, Dieu envoie aussi des anges pour nous avertir."

Réflechissons bien donc, aux choix que nous devons faire dans les plus brefs délais.  Dans quel camp voulons-nous être ?

 

 

 

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 08:00

 

Congregation Melech Yisrael, Toronto, Canadad

 

Le servir dans la sincérité et la vérité

 

  • Vayikra / Lévitique 9:01-11:47
  • Yechezekiel / Ezéchiel 36:16-38
  • Ma’asei Talmidim / Actes 10:9-22, les 10:34-35

tabernacleVayikra  Lévitiques {9:23 } « Moché et Aharon (Aaron) allaient dans le Ohel Moed (Tente de la Rencontre), sortirent, et bénirent le peuple: et la Shachinah (Shekinah) de l’Éternel apparut à tout le peuple. {9:24 } Il feu sortit de devant l’Éternel, et consumait l’offrande sur le mizbeach (autel) et la graisse: et quand tout le peuple vit cela, ils ont crié, et tombèrent sur leurs faces. »

 

Vayikra  Lévitiques {10:01 } « Nadab et Abihu, les fils d’Aharon, prirent chacun leur encensoir, y mirent du feu, et offrirent un feu étranger devant l’Éternel, ce qu’il ne leur avait pas commandé. {10:02 } Le feu sortit de devant l’Éternel, et les dévora, et ils moururent devant l’Éternel. »

J’ai trouvé intéressant de noter que ces deux parties de l’Ecriture parlent de feu descendu du ciel. Pourtant, même si les deux feux sont descendus de HaShem ils avaient des fins totalement différentes. Les deux feux étaient des feux de dévorants, mais l’un consumait le korban (offrande) sur le mizbeach et a apporté la vie et l’autre a consumé les fils d’Aharon et a apporté la mort.

 

En hébreu le mot pour le feu est «Aish». De là, nous obtenons les mots hébreux pour l’homme "Ish" et pour la femme "Isha" (prononcer eesh et EESHA). Le fait que les mots pour l’homme et la femme viennent du mot pour le feu nous dit que le feu de l’Éternel est censé demeurer en nous.

Les rabbins croient que chaque être humain est créé avec l’étincelle de Dieu en son sein. Cette étincelle ou l’essence de D.ieu doit être allumée pour que nous ayons vraiment la vie. Je crois que c’était ce que le Rav. Shaul (Paul) voulait dire quand il écrit:

 

(Romains) {12:01 } « Je vous exhorte donc, frères, par la compassion de Dieu, à offrir vos corps comme un saint korban vivant et, acceptable pour Dieu, ce qui est un culte d’adoration spirituel. »

Le korban est toujours mis sur le mizbeach où il est consumé par le feu de l’Éternel. C’est là que le péché a été pardonné. Aujourd’hui, nous devons nous présenter sur la croix où le feu de Dieu va consoumer le péché en nous, mort chaque jour pour soi-même et vivant tous les jours pour le Machia’h (Messie) Yeshua.

Beaucoup de gens interprètent mal les mots de Yochanan HaMatbil (Jean-Baptiste) quand il a dit:

gautiermichel2617611997lesermonsurlamontagne2(Luc) {} 3:16 « Yo’hanan répondit et dit à tous: «Quant à moi, je vous immerge avec de l’eau, mais quelqu’un vient, qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; Il vous immergera avec le Saint-Esprit et le feu. »

Les chrétiens pentecôtistes, interprètent ce passage de l’Ecriture pour signifier que HaShem va les remplir, non seulement avec le Saint-Esprit, mais aussi avec le feu (puissance) du Saint-Esprit. Bien que cela convienne e leur théologie du «en feu», ce n’est pas ce que ce verset dit.

Son sens remonte à la Torah, en particulier aux versets cités ci-dessus. Le feu de Dieu descend du ciel pour faire l’une des deux choses, et il est de notre choix quant à ce qu’il le fera pour nous. Si nous nous offrons comme korbanot (pluriel de korban), vivant et allons mourir pour nous-mêmes et vivons à Yeshua HaMashiach. Si nous choisissons de mener notre propre vie et désobéissons aux mitzvoth (commandements) de l’Éternel, le feu descendra du ciel dans le jugement et consumera notre vie.

Yehoshua (Joshua) {24:14 } "Maintenant, donc craignez HaShem et  servez-Le dans la sincérité et la vérité, et mettez de côté les dieux que vos pères ont servis au-delà de la rivière et en Mitzrayim (Egypte), et servez HaShem {24.: 15} "Et s’il est désagréable à tes yeux de servir l’Éternel, choisissez vous-mêmes aujourd’hui qui vous voulez servir: ou les dieux que vos pères ont servis qui étaient au-delà du fleuve, ou les dieux des Amoréens dans le pays où vous habitez; mais quant à moi et ma maison, nous servirons l’Éternel. "

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 08:00

 

 

Le témoignage de Gabriela, ou comment l'on rentre progressivement dans l'occultisme

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En 2010, Gabriela a publié son témoignage aux Editions de l’Oasis. Elle y raconte sa conversion qui fut pour elle une sortie immédiate de l’occultisme.

Gabrièla. DE L’OBSCURITÉ À LA LUMIÈRE.

Pour acheter le livre : www.editionsoasis.com

 

Son exemple est particulièrement frappant, car on peut y suivre la progression de son entrée, ainsi que l’installation des symptômes d’atteinte occulte :

Divnation sur le ventre de sa maman pendant la grossesse — Premiers contacts avec guérisseurs à l’âge de quatre ans, à cause d’une santé fragile — Liens occultes héréditaires dans la mesure où la famille avait l’habitude d’y aller fréquemment, constamment , et depuis longtemps — De multiples contacts à suivre avec des guérisseurs et magnétiseurs — Divination, horoscopes — Pendulisme divinatoire actif, apprentissage des tarots — Contacts inconscients avec des entités occultes — Parasitage par des images en rêves prémonitoires — Visualisation d’événements futurs tragiques — Perception de présences invisibles nocturnes — Expériences d’étouffements nocturnes — Don de poésie « noire » — Colère intérieure, haine contre Dieu — Attirance pour les personnes « branchées occulte » — Lecture de livre de magie… — conversion !

Voici les premières pages de ce livre pour vous mettre en appétit…

http://charismata.free.fr/?p=2445

 

 

 

 

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 08:00
 
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Amis internautes, je vous invite à suivre l'émission sur
La mort est dans le pré
sur France 2 le 17/04/12 à  22h40
Ci-dessous la bande annonce
Ce film dénonce le système d'exploitation des pesticides et des crédits, dans lesquels les agriculteurs sont enfermés et dont ils ne peuvent pas en sortir...
Cela va plus loin, toute la population qui consomme les denrhées
est donc en danger, et depuis très longtemps.
 
 
 
 





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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 08:00

 

On y vient petit à petit, mais surement,  la marque de la bête dit la Bible...Tout se met en place et cela va devenir obligatoire sur le plan mondial très bientôt .....

Japon / La main remplace la carte bancaire…
 
par actualitechretienne

Main-Identification-Biometrique

 


A compter de septembre 2012, une banque japonaise (Ogaki Kyoritsu Bank) va proposer à ses clients d’utiliser leur main en guise de “carte de retrait ou de dépôt”, grâce au développement de nouveaux distributeurs de billets à authentification biométrique.

 

Ces automates d’un nouveau genre, réalisés par le groupe japonais Fujitsu, fonctionnent avec un lecteur du schéma des veines de la paume. Il suffit donc de présenter sa main, afin d’être identifié.

 

“Selon Fujitsu, le risque d’erreur est infinitésimal, plus faible que dans le cas d’empreintes digitales. Ce système biométrique pourrait éviter une redite de la situation difficile vécue par de nombreux Japonais l’an passé, lorsque leurs documents bancaires (cartes, livrets de retrait) ont été emportés par le tsunami qui a dévasté le nord-est le 11 mars 2011. Pendant des jours, il leur a été impossible de retirer du liquide”, précise une dépêche de l’AFP.

 

Paul OHLOTT, avec agences.


 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 08:00
 
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UN PUR MOMENT DE BONHEUR
UN REGAL
 
A noter que l’auteur de ce magnifique diaporama est Daimyo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 08:00

 

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Et Moïse dit :"  

 

« Nous irons avec nos jeunes gens et avec nos vieillards, nous irons avec nos fils et avec nos filles,

avec notre menu bétail et avec notre gros bétail. »


Car nous avons à célébrer une fête à l’Éternel.

 Exode 10

"Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! Car Il a fait des choses merveilleuses : sa droite et le bras de sa sainteté l’ont délivré.
L’ Éternel a fait connaître son salut,

Il a révélé sa justice aux yeux des nations.
Il s’est souvenu de sa bonté et de sa fidélité envers la maison d’Israël ; tous les bouts de la terre ont vu le salut de notre Dieu".

Ps 138

"Bienheureux celui qui a le Dieu de Jacob pour son secours, qui s’attend à l’Éternel, son Dieu". Ps 146


HAG PESSAH CACHER VESSAMEAH


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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 14:42
 
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EN MUSIQUE JE SOUHAITE POUR VOUS TOUS ET LES VOTRES
UNE BONNE FETE DE PESSAH
 



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